Où le Sushi assume sa paresse

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Les tags, c’est le mal. Certes. Mais quand c’est demandé gentiment, pourquoi pas. Et puis c’est reposant. Ce qui est non négligeable quand on est un Sushi dont les yeux se croisent et se décroisent selon leur volonté propre. La saga (en deux parties) du téléphone portable attendra donc.

Suite à une attaque de la Reine des Pommes, le Sushi doit donc vous démontrer en 5 points qu’il est bien paresseux. Le plus dur étant évidemment de se limiter à 5 points.

- Le Sushi aime tellement dormir que lorsqu’il programme le réveil aux aurores, il le décale toujours pour se lever quand il n’a vraiment plus le choix. Sauf si le parking du travail est en travaux, car arriver tard signifie tourner dans des ruelles puis faire un créneau. Dès le matin. Epuisant.

- Le Sushi sait que quelques gestes simples peuvent permettre de garder un appartement en ordre. Mais ranger un sac de courses vide lui semble totalement inutile et épuisant. Il le fera demain. Ou dans 6 mois.

- Le Sushi aimerait faire du sport mais il explique à qui veut l’entendre que son emploi du temps ne le lui permet pas, et qu’il ne veut pas sacrifier une minute de sommeil pour ça.

- Le Sushi a déjà annulé des soirées ou sorties parce qu’il sentait que son métabolisme réclamait une pause en compagnie d’oreillers moelleux. Le Sushi ne contredit jamais son métabolisme.

- Le Sushi tient néanmoins à offrir le dernier point de la paresse au Sel de sa vie, à qui il demanda pendant un an de descendre un cadavre de micro-onde qui encombrait l’entrée. Le Sushi ayant fait tout le reste, il refusa de toucher au micro-onde en question. Question de fierté. Au bout d’un an, il craqua. Le Sel de sa vie trouva l’entrée beaucoup plus agréable car moins encombrée. Le Sushi eut une bouffée d’angoisse. Il se voyait déjà dans la peau de Dexter.

Et pour finir, le Sushi est trop fainéant pour faire suivre cette chaîne. Mais aimerait beaucoup que le Gecko s’y colle.

Où le Sushi hiberne

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En temps normal, le Sushi poste ses notes tôt le matin. Plus précisément, ses notes se publient toutes seules tôt le matin, le Sushi les écrivant la veille. Non pas que le Sushi fasse la grasse matinée, il n’a juste pas le temps le matin.

Prenons le programme d’un matin de semaine ordinaire.

- Le réveil sonne. Le Sushi grogne, s’étire, vérifie l’heure et décale le réveil de 30 minutes.

- 30 minutes plus tard, nouvelle sonnerie. Le Sushi grogne, s’étire, coupe le réveil, se base sur quelques techniques de yoga pour chat pour s’étirer la colonne (étape indispensable, le Sushi étant sujet aux coincements vertébraux à répétition) puis se lève.
Variante:
Couper le réveil et attendre d’être appelé par de bienveillants collègues vers 10h.

- Comme tout être vivant, le Sushi va faire un petit besoin dès qu’il se lève.

- Une fois définitivement debout, le Sushi se brosse les dents. Toujours à jeun et toujours la première étape de la journée (la pause pipi ne compte pas vraiment comme une étape, c’est une extension de la nuit de sommeil)

- Propulsion sous la douche. Chaude de préférence. S’il y a encore de l’eau chaude, dans l’hypothèse ou le Sel de sa vie soit passé avant. Savonnage de toute la bête dans ses moindres coins et recoins. On ne rigole pas avec la douche du matin.

- Séchage express et enfilage des sous-vêtements.

- Constatation des dégâts (cernes…) dans la glace et décision de se coucher plus tard ce soir.

- Attrapage de vêtements plus ou moins au hasard. Ne pas reporter exactement la même tenue que la veille, on pourrait penser que le Sushi a découché.

- Habillage en tentant de se rappeler de quelques règles élémentaires: on enfile les chaussettes avant de mettre les chaussures.

- Attrapage des clés de voiture et de l’appartement.

- Sortie de l’appartement, fermeture de la porte.

- Ouverture de la porte, attrapage du portable.

- Fermeture de la porte.

- Ouverture de la porte, attrapage du portefeuille et du badge professionnel.

- Fermeture de la porte.

- Ouverture de la voiture, allumage du moteur et de la radio.

- Une fois le moteur allumé, le Sushi se rend compte que la radio diffuse du rap. Changement pour France Info.

- Râlage sur la route à cause des imbéciles qui ne savent pas conduire. Le Sushi se calme généralement durant la chronique de David Abiker dont la voix l’apaise et le berce.

Ce programme est évidemment celui d’un Sushi actif. En vacances, le Sushi ne prévoit pas ses notes à l’avance, se lève vers midi du matin, et commence sa journée en lisant ses mails tout en sirotant un jus de citron pour se détoxifier de l’intérieur. Et découvre que ce qu’il a de plus précieux, c’est du temps.

Où le Sushi tremble

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Le Sushi travaille, il le faut bien. S’il n’y avait que lui, il ne se lèverait pas le matin, car c’est épuisant. De plus, il se demande encore si le ratio heures travaillées / paye versée vaut vraiment le coup. Mais dans une société où l’inactivité est relativement mal perçue, et où le fait de travailler est une chance, le Sushi ne se plaint pas. A haute voix.

Le Sushi a un côté contestataire atrophié au fond de lui. Même si en apparence il est taillable et corvéable à merci, en son for intérieur, il bouillonne. Il a du mal à suivre les ordres d’une hiérarchie pas toujours compétente. Il a du mal à expliquer durant des heures des technicités que ses supérieurs devraient eux-même maîtriser. Il n’éprouve aucun respect pour son N + 2 qui allie connaissances techniques aléatoires et techniques de management catastrophique. Le tout saupoudré d’arrivisme primaire et d’une incapacité chronique à prendre la défense de ses inférieurs. Cela fait beaucoup pour une seule personne.

Ainsi, l’idée de l’entretien annuel le faisait doucement rire. Mais pas trop cependant. Car de cet entretien dépendait son augmentation ainsi qu’un petit bonus (dont le montant - ridicule - est laissé à l’appréciation des supérieurs) Ce qui permettrait peut-être enfin de se dire que le Sushi se lève pour quelque chose le matin.

En entrant dans le bureau de N + 2, le Sushi était quelque peu tremblant, ne sachant pas à quelle sauce il serait mangé. Car tout taillable et corvéable qu’il soit, le Sushi n’hésite pas à dire quand quelque chose ne va pas, et ça ne plaît pas forcément.

Le Sushi resta anesthésié durant 30 minutes. Car contrairement à ses craintes, l’entretien se passa merveilleusement. Sa hiérarchie vanta ses qualités tant professionnelles que relationnelles. Sa hiérarchie vanta son implication. Sa hiérarchie vanta la forme de perfectionnisme dont il faisait parfois preuve. Pour le remercier, sa hiérarchie assena le coup fatal: elle lui accorda une augmentation de 80€ (nets) par mois.