Il fallait bien que cette situation arrive un jour.
Le Sushi rentre chaque jour dans son nid en prenant les transports en commun. Sur une ligne facétieuse. La RATP aime jouer avec les nerfs de ses usagers en leur faisant changer quatre fois de quais en moins de cinq minutes. Petit manège très intéressant à observer en se tenant entre les deux quais. Et en se tenant prêt à sauter à la dernière minute.
Il faut savoir que le Sushi est autiste une fois dans les transports en commun. De la musique dans les oreilles, et un livre sous les yeux, le monde extérieur disparait alors. Parfois de manière inquiétante.
Le Sushi ne prit pas garde au changement d’affichage. Il monta dans le train. Ce n’est qu’en voyant les lumières de sa station défiler à l’extérieur qu’il se rendit compte qu’il y avait une gonade dans le velouté.
Le Sushi se retrouva donc environ 5 stations (et 20 minutes, le train étant un semi-direct pour le terminus) plus loin que prévu. Et découvrit un nouveau monde.
Un monde où sa tenue vestimentaire ne collait pas à l’atmosphère ambiante. Un monde où sa personne ne collait à rien de palpable. Un monde où le quai tout entier sembla le dévisager.
Le Sushi sauta dans le premier train dans le sens inverse. Qui était un direct pour la capitale. Et fit ensuite le bon trajet vers son nid, épuisé par tant d’émotions.
Le Sushi réalise parfois que les êtres qui l’entourent sont incompréhensibles.
De retour parmi les siens, le Sushi fut contraint de contacter une connaissance du passé afin de régler quelques questions de logistique.
Le Sushi a quelques vagues notions de sociabilité, il commença la conversation en demandant des nouvelles générales de son interlocuteur.
Il fut alors confronté à un phénomène de plus en plus répandu parmi son entourage élargi: l’effacement de la personnalité individuelle au profit du “nous” global. Le Sushi peut comprendre l’utilisation du “nous” dans le cas où il connait les 2 parties de l’entité, mais se demande quel est l’intérêt de ne se définir que par ce “nous” quand l’interlocuteur n’a aucune idée de qui est le deuxième “je” qui a abandonné sa personnalité au profit de l’horripilant “nous”. Read the rest of this entry »
Le Sushi a des principes. Beaucoup de principes. Certains qu’il applique, et d’autres moins. Par exemple, il considère que vivre en harmonie avec sa conscience est essentiel pour que son sommeil soit réparateur, son teint frais et son pelage soyeux. Il considère également que manger sainement est un art de vivre qui lui apportera la paix intérieure et un pelage encore plus soyeux, mais c’est au-dessus de ses forces.
Parmi ses cyber principes, le Sushi a décidé de ne pas vendre son nid au grand capital. Sauf le grand capital pharmaceutique, si celui-ci est intéressé. Il se trouva fort dépourvu quand les abeilles furent venu.
Car le Sushi trouva une charmante video d’insectes et s’apprêtait à la partager quand il réalisa que ce n’était qu’une opération de buzz lancée par une célèbre marque de glaces américaines. Dont le site semble buguer chez le Sushi. Dommage…
Le Sushi fut faible, le Sushi céda, et le Sushi partage la vie de la ruche avec ses lecteurs. Parce que les abeilles sont nos amies et qu’elles ne s’attaquent jamais au Sushi.
Parce qu’il est parfois un peu masochiste, le Sushi accepta d’accompagner le Sel de sa vie au mariage d’un ami d’enfance de celui-ci. Une journée riche en émotions.
Dès l’arrivée, le ton fut donné: “Sushi, un ami… euh… mon ami…” Le Sushi ne dit rient, le Sushi avala sa fierté, le Sushi n’était pas sur son terrain, le Sushi tapa dans le dos du Sel de sa vie en lui disant qu’ils allaient passer une agréable journée entre potes.
Dans les mariages, chacun y va de sa photo souvenir. Chacun est donc photographié sous tous les angles, seul, à deux, à trois, en bande… Le Sushi se demanda où était passé son droit à l’image. Quelqu’un s’approcha du Sushi et du Sel de sa vie, leur sourit, et dit: “Allez tous les deux, une petite photo!” Le Sel de sa vie fit un bon sur le côté et répliqua que des photos ensemble, ils en avaient déjà plein. Le Sushi ne put masquer son étonnement et lui demanda où était ces photos dont il ignorait l’existence. Parce que le Sel de sa vie parlait bien de photos d’eux, ensemble sur la même image, n’est-ce pas? Le Sushi n’avait pas connaissance de l’existence de telles preuves matérielles compromettantes. Sur leur première photo ensemble, le Sel de sa vie a donc l’air gêné, et le Sushi arbore une expression entre la tristesse et la rage. Read the rest of this entry »