Où l’on découvre le Sushi vert

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Le Sushi n’a jamais eu la main verte, à son plus grand désespoir. Parce qu’une plante verte, c’est quand même un peu de vie, une présence, quelqu’un à qui parler, une petite chose fragile à protéger… Une petite chose à aimer au quotidien.

L’auteur des jours du Sushi a toujours dit que pour qu’une tomate soit heureuse jusque dans l’assiette, il fallait l’arroser, lui parler et l’écouter. Le Sushi ne s’est jamais occupé des tomates, on lui laissait les haricots verts. Et un haricot vert, c’est bête et méchant, ça se cache sous les feuilles et ne ressort qu’une fois la cueillette terminée. Inutile de lui parler, il ne répondra pas.

Le Sushi pensait donc qu’en adoptant des plantes, il rendrait sa vie et la leur meilleures. Qu’il était naïf!

Sa première plante devint rapidement le squatt favori d’un groupe d’araignées sans gêne. Malgré beaucoup d’amour, d’insecticides, de mots de réconforts, de menaces même, il fallut se résigner: Les araignées avaient gagné, la plante était définitivement perdue.

Sa seconde tentative fut la cohabitation de 3 cactus dans le même pot. Les nouveaux nés à piquants s’appelaient Léon, Léa et Léo, bien que loin d’être de parfaits triplés. Aux dernières nouvelles, ils appréciaient leur séjour sous une véranda ensoleillée, semblant avoir trouvé un second souffle loin du Sushi. Léa gardera néanmoins la trace indélébile de l’amputation de la moitié de son être dans des circonstances assez confuses.

Sa troisième tentative fut une touffe d’herbe en promotion chez Ikea. Une grosse touffe d’herbe, qui était semble-t-il une plante. Celle-ci fut un amour. Elle survécut à de longues semaines de sécheresses. Ainsi qu’à un abandon sur un rebord - extérieur - de fenêtre. Elle vivait sa vie, sans juger le Sushi. Qui partit en vacances sans l’arroser et en l’exposant à un soleil relativement direct. Ce fut trop pour la pauvre touffe, qui préféra se suicider. Read the rest of this entry »

Où le Sushi passe à table

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Ou “les psychoses du Sushi volume 2″ - Voir ici

Le Sushi est délicat. Ceci est une évidence. Qui a déjà observé un Sushi et tenté de le manipuler du bout de frêles baguettes sait qu’il est bien difficile de ne pas le noyer par mégarde dans la sauce soja.

La délicatesse du Sushi est doublée d’une grande fragilité. Et le point faible du Sushi réside en son appareil digestif. Oui, ceci est certes terre à terre. Mais ce n’est que la triste vérité.

Durant son enfance, le Sushi trouvait que l’auteure de ses jours avait une propension à dramatiser la fragilité de son intérieur corporel. Il ne comprenait pas qu’un estomac puisse servir à autre chose qu’à la survie. Et encore moins qu’un estomac puisse être joueur.

Puis un jour, après une invitation très mondaine chez d’autres habitants du quartier durant laquelle le Sushi avait trompé son ennui en débarassant méticuleusement deux plats de petits fours de leurs occupants, le Sushi connut une fin de nuit relativement prévisible: accroché à la cuvette des toilettes à régurgiter le contenu de son estomac. Avec, en dommage collatéral, la mort d’un tapis, le Sushi ayant mal évalué son temps de parcours jusqu’au lieu adéquat à une régurgitation en zone urbanisée et civilisée.

Cette note ne fait pas rêver, le Sushi en est conscient. Mais ces quelques précisions permettent dorénavant au Sushi d’expliquer qui est émétophobe. Et que c’est l’un de ces atroces traumatismes issus de l’enfance. Probablement.

Certains se diront que ce n’est pas handicapant socialement. A ceux-là, le Sushi conseillera de bien lire ce que dit Wikipedia: quand il prend les transports, il a toujours un peu d’appréhension; il n’a jamais goûté une huître de sa vie et n’envisage d’ailleurs pas de le faire un jour; il ne comprend pas qu’on puisse lire dans une voiture; il fut traumatisé par une scène du film Jeanne d’Arc; la première chose qu’il recherche en entrant dans un lieu servant de la nourriture est l’emplacement des toilettes.

Le Sushi tient tout de même à préciser qu’il refusera toute psychothérapie, réussissant malgré tout à survivre et à conserver un semblant de vie sociale.