mar 19
Le Sushi avait déjà parlé avec son partenaire de cet ami de celui-ci qui était clairement dépressif. Son partenaire s’inquiétait, son ami lui avait parlé comme s’il lui disait au revoir. Le Sushi étant à distance avait tenté de le réconforter, mais que peut-on faire dans ces moments-là? Peut-on vraiment dire que tout va bien se passer, alors qu’il est déjà impossible de prévoir le temps à plus de 5 jours, alors les états d’âme d’un être humain…
Mais le Sushi avait voulu être stupidement rassurant. Il ne savait pas comment réagir. Il voulait protéger son partenaire. Aurait-il du confirmer que ça ressemblait trop à un adieu? Aurait-il du faire soufrir son partenaire dans l’attente d’une mauvaise nouvelle, craignant le pire? Celà l’aurait-il aidé à affronter la nouvelle de la tentative qui avait échoué?
Finalement ce ne fut qu’un au revoir. Un adieu avorté. Le Sushi l’apprit de son partenaire quelques jours plus tard.
Mais ce jour-là, il se promit de ne plus jamais tenter de réconforter les gens autour de lui en leur disant que tout irait bien. Que la douleur humaine était trop imprévisible pour dire que tout irait bien.
fév 25
Un soir, le Sushi dépressif s’endormit en se disant que lui aussi voulait avoir un blog. Qu’il était même impensable qu’il n’en ait pas déjà un. Encore plus impensable qu’il n’y ait jamais pensé auparavant. Il réfléchit un court instant à se relever et s’y atteler, mais il se rappela qu’il avait une dure journée le lendemain. Les journées du Sushi sont de toute façon toujours épuisantes. Même lorsqu’il ne se passe rien. Le Sushi a érigé la fatigue en véritable art de vivre. Et par conséquent, le sommeil d’un Sushi est sacré. Le Sushi décida donc d’attendre le lendemain.
Se rendant compte qu’à la lueur d’un nouveau jour, son idée était bien moins lumineuse que dans la pénombre toute relative nécessaire à son endormissement, le Sushi oublia vite cette idée farfelue. Jusqu’à ce soir, veille de week-end. Le Sushi avait donc tout le temps nécessaire sans empiéter sur son temps de sommeil.
Avant de commencer, il faut savoir quelques petites choses fondamentales sur le Sushi. Il n’est pas vraiment dépressif. C’est un peu comme son nom de famille, comme une étiquette qu’on lui a collé dessus - tel un vulgaire poisson à la fraîcheur douteuse dans le bac à promotions d’un supermarché - et dont il ne parvient pas à se débarasser. Mais au fond de lui, le Sushi sait qu’il n’est pas dépressif, non non. Il a parfois des coups de blues, comme tout le monde. Accompagnés de moments où tout va bien. Mais il lui arrive d’aller ni bien ni mal. Une sorte de période de transition durant laquelle le Sushi se transformera en canard - tout lui glissera dessus - avant de vivre une période d’euphorie, ou de s’enfermer dans sa bulle pendant des jours, voire des semaines. Mais le Sushi n’est pas dépressif, le Sushi pense, et c’est là toute la différence.
Pour finir, le Sushi sera narré à la troisième personne du singulier. Parce que le monde n’est pas encore prêt à apprendre qu’un Sushi peut taper au clavier.