juil 04
Le Sushi se rend compte en se relisant que le Sel de sa vie peut passer pour un être froid et insensible. Certes, il l’est un peu. Mais il n’est pas que ça. le Sushi est masochiste, mais pas à ce point. Le Sel de sa vie est juste quelqu’un rempli de contradictions.
Par exemple, il est incapable d’arrêter de penser et de se tourmenter ne serait-ce que quelques minutes. Ruminer, se poser des questions et se mettre la pression font partie de son quotidien. Imaginez-vous trouver le sommeil en vous demandant ce que vous ferez face à une hypothétique situation nécessitant une décision dans 6 mois. Imaginez-vous tenter de trouver le sommeil aux côtés d’une personne se demandant ce qu’elle fera face à une hypothétique situation nécessitant une décision dans 6 mois. Vous n’avez pas d’appel à un ami ni accès au Lexomil.
Etrangement, et ce malgré toutes ces réflexions, il ne se rend parfois pas compte de ce qu’il dit. Pas sur le coup. Pas sans un temps de réflexion. Cette situation peut être troublante, cette situation peut être déroutante, mais il faut savoir anticiper la crise et éviter le désastre.
Petit exemple concret: Read the rest of this entry »
juil 02
Le Sushi le savait, le Sushi s’en doutait, le Sushi ne voulait rien admettre, mais il y fut forcé. La période d’attention du Sel de sa vie cessa. Et cessa brutalement.
Alors qu’il avait été prévenant et attentionné, il redevint froid et distant. Peut-être même plus froid et distant que d’ordinaire. Après quelques jours à observer les étoiles, la chute - bien que prévisible - fut douloureuse.
Le Sushi est niais, il n’arrive pas à se blinder émotionnellement. Il devrait savoir depuis le temps que le Sel de sa vie ne fonctionne pas comme lui. Il devrait s’y être habitué. Il ne devrait pas attacher trop d’importance aux moments où il sent de la tendresse et de l’affection dans son regard. Ou alors il devrait y accorder de l’importance sur le moment, et l’oublier ensuite pour ne pas y repenser lors des instants de nostalgie. Devrait-il oublier sa sensibilité?
Mais occulter ces moments, ce serait comme occulter les raisons qui font que le Sushi reste avec le Sel de sa vie. Ces moments où il se sent beau, où il se sent grand, où il se sentirait presque exceptionnel. Ces moments où il se sent aimé.
Toujours est-il que le Sushi a retrouvé son statut d’objet plus ou moins - plutôt moins que plus - décoratif dans un home sweet home en chantier. Qu’il sait que les étoiles reviendront - elles reviennent toujours, après des périodes d’absence de plus en plus longues - et qu’il lui faudra savourer ce moment. Qu’en attendant, il lui faut se faire discret. Loin des étoiles, il ne sait plus où est sa place. Il ne sait pas ce que le Sel de sa vie attend de lui. Il ne sait pas pourquoi il est toujours là.
juin 30
N’allez pas croire que le Sushi chercher à soigner son référencement Google. Le Sushi vous parle juste de ses voisins. Qui semblent peu pudiques et assez ouverts.
Alors que le Sushi s’accordait son petit plaisir solitaire du soir, son oeil fut soudainement attiré par un mouvement dehors. Il faut savoir que le Sushi se tenait alors seul dans sa cuisine, le Sel de sa vie ne tenant pas à assister à sa petite perversion. Le Sushi avait bien essayé devant lui, mais le Sel de sa vie avait été catégorique. S’il ne pouvait pas se passer de sa pulsion malsaine, qu’il aille le faire loin de lui. Dans la cuisine. Là où il pourrait ouvrir la fenêtre. Là où l’odeur de sa cigarette ne contaminerait pas tout l’appartement.
Le Sushi savourait donc chaque bouffée de la blonde qui lui tenait compagnie quand il vit un mouvement en face. Le Sushi habitant au premier étage, il a une vue imprenable sur la façade du pavillon d’en face, et ce malgré la clôture. Il tourna un oeil distrait. La fenêtre venait de s’ouvrir. Quelqu’un se pencha à l’extérieur, et attrappa les volets, avant de les fermer totalement. Le Sushi resta figé. Il venait de découvrir que son voisin d’en face fermait ses volets juste avant de se coucher. Et qu’il dormait entièrement nu.
L’histoire aurait pu en rester là. Une anecdote, un fait divers, une relation de voisinage saine et sans artifices. C’était sans compter sur les habitants du bout de la rue. Read the rest of this entry »
juin 27
Le Sushi se dit qu’en adoptant Caïus, il ne savait pas que celui-ci bouleverserait à ce point sa vie. Pour le résumé, Caïus fut malade en voiture dès le premier trajet, fut rapidement agonisant, et sauvé de justesse. Mais récemment, le Sushi se rendit compte que Caïus n’était pas un ficus comme les autres.
Quand il recommença à bourgeonner, ce ne fut d’abord que quelques feuilles timides. Qui rapidement se transformèrent en fier feuillage. Et l’évidence sauta aux yeux du Sushi: son ficus était bipolaire. Mais ne l’est plus.
La moitié de la plante recommença à s’étoffer. Tandis que l’autre moitié restait définitivement… morte. Contraste saisissant.
Le Sushi se rendit alors compte qu’avec la thérapie quelque peu violente, il avait tué une partie de Caïus. Que celui-ci ne serait plus jamais le même. Et il se demanda avec anxiété s’il n’avait pas créé un monstre…
juin 25
Le Sushi est penaud, le Sushi est honteux. Le Sushi a oublié son rendez-vous matinal du mercredi.
Le Sushi pourrait blâmer son travail, qui lui prend trop d’énergie. Le Sushi pourrait blâmer sa dépression qui continue à le squatter à temps partiel.
Mais en fait, le Sushi a juste oublié qu’aujourd’hui était mercredi. Et que le mercredi il écrivait une note. Que le mardi soir il préparait une note plus précisément. Car mardi soir, le Sel de sa vie le regarda droit dans les yeux, et lui dit qu’il le trouvait beau (en ce moment…) Le Sushi fut ému, le Sushi fut troublé, le Sushi se demanda si le Sel de sa vie avait un service à lui demander. Mais non, le Sel de sa vie était sincère, et regardait le Sushi avec des yeux brillants. Sachant que pour le Sushi les sentiments n’ont pas besoin d’être exprimés du moment qu’on les devine dans un regard, ce moment était rare et précieux.
Car le Sushi a peur. Il voudrait pouvoir lire dans le regard du Sel de sa vie plus que ce qu’il y voit habituellement. Mais il sait que ce n’est pas possible. Que le Sel de sa vie est réaliste et terriblement terre à terre. Qu’il n’a pas choisi le Sushi parce que celui-ci était beau - ou même décoratif - mais parce qu’il était réaliste. Et que les versions au-delà de Sushi 1.0 lui semblent inaccessibles. Que les étincelles du début laissent rapidement place à un ciel certes bleu, mais sans étoiles.
Alors quand le Sushi vit se poser sur lui un regard plein de tendresse et d’étoiles*, il en oublia jusque son nom et éteignit instantanément son ordinateur, sans sauvegarder ce qu’il avait en cours. Sans même un regret. Car il sait que cette période de douce euphorie ne durera pas, et qu’ils retourneront bientôt à leurs vies parallèles.
* En vrai, le Sushi passa à côté du Sel de sa vie et il eurent cette passionnante conversation:
Sushi: Tu es fatigué?
Sel de sa vie: On va se coucher dans 3 minutes.
Sushi: Euh… Je demandais juste…
Sel de sa vie: Enfin je vais me coucher, tu fais ce que tu veux.
Les étoiles vinrent après.