Où le Sushi doit s’ouvrir au monde

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Un jour où il était allongé sur la table de son acupuncteur - qui avait convié un collègue pour l’occasion - le Sushi eut cette conversation des plus intéressantes:

L’acupuncteur: Votre partenaire vous aime-t-il?
Le Sushi ne sait pas, le Sushi hésite, le Sushi dit qu’il espère qu’au fond de son partenaire sommeille une lueur…
L’acupuncteur: Et vous, l’aimez-vous?
Le Sushi répond qu’il est certes un être torturé, mais qu’il ne resterait pas avec une personne qu’il n’aime pas.
L’acupuncteur: Le dites-vous?
Le Sushi se renfrogne et explique que ce ne sont pas des choses que l’on dit. Les penser suffit.
L’acunpuncteur: Arrêtez de tout garder pour vous, ces choses-là doivent être dites.
Le Sushi se renfrogne et acquiesce.
L’acupuncteur: De manière générale, il faut dire ce que vous pensez, que ce soit positif ou négatif. Le garder vous ronge de l’intérieur.
Le Sushi pense très fort que ses collègues de travail apprécieront sa future franchise.
L’acupuncteur: C’est avec cette personne que vous ferez votre vie, il faut co-mmu-ni-quer!
Le Sushi rit intérieurement, l’acupuncteur ne connaît pas la vision de la vie de son partenaire.

Le soir même, en se couchant, le Sushi mit en application ce conseil avisé. Quand son partenaire lui parla d’une manière un peu sèche, le Sushi ne répondit pas. Quand son partenaire lui demanda ensuite ce qui n’allait pas et s’ils pouvaient s’endormir enlassés, le Sushi répondit que non, il ne voulait pas, suite au commentaire précédent. A la grande surprise du Sushi, son partenaire s’excusa.

La vie du Sushi promet d’être bien plus passionnante maintenant qu’il a décidé d’extérioriser.

Où le Sushi soigne sa santé

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Il ne faut pas croire que le Sushi délaisse sa santé. Non non. Le Sushi prend soin de sa personne. Mais pas comme tout le monde.

Le Sushi a été habitué à utiliser des alternatives naturelles et ancestrales pour se soigner. Ainsi, le Sushi croit en l’homéopathie et voit régulièrement un acupuncteur. Certains diront que le Sushi est stupide et crédule. A ceux-là, le Sushi répondra qu’il ne creuse pas le trou de la sécurité sociale. Lui.

Le Sushi n’est cependant pas stupide. Il ira consulter un “vrai” médecin si besoin est. Mais si le Sushi peut éviter d’ingérer des médicaments pour tout et n’importe quoi, il ne se sent que mieux.

Le Sushi fut un temps sous anxyolitiques. Parce qu’il le valait bien. Mais une vie sans émotions ne lui semblait pas une bonne idée, même si c’était très reposant. Le Sushi se sevra donc en un week-end et décida que les anxyolitiques étaient le mal. Dans son cas. Car le Sushi est égocentrique et ne parlera ici que de son univers.

Le Sushi fut un temps sous anti-dépresseurs. Même s’il ne le voulait pas. Mais un médecin lui avait assuré que c’était la seule solution pour le salut du Sushi, et la seule manière de convaincre un Sushi est de le menacer. Le Sushi prit le traitement une semaine. Mais une vie sans émotions et avec tremblements ne lui semblait pas une bonne idée, même si c’était assez drôle à observer. Il décida que les anti-dépresseurs étaient les enfants de Satan. Dans son cas. Alors il ne poursuivit pas, et changea de médecin. Et le Sushi rencontra son acupuncteur.

Certains diront que l’acupuncture a un effet placebo sympatique, et que le Sushi est niais. Certes il existe des charlatans, mais le Sushi est satisfait des effets que les aiguilles produisent sur sa personne. Et ne cherche d’ailleurs pas à convaincre. Le Sushi n’est pas un gourou. Mais maintenant le Sushi vit avec des émotions, ce n’est pas reposant, mais il appelle ça la vraie vie.

Où un nouveau blog naît et où l’on apprend ce qu’est un sushi dépressif

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Un soir, le Sushi dépressif s’endormit en se disant que lui aussi voulait avoir un blog. Qu’il était même impensable qu’il n’en ait pas déjà un. Encore plus impensable qu’il n’y ait jamais pensé auparavant. Il réfléchit un court instant à se relever et s’y atteler, mais il se rappela qu’il avait une dure journée le lendemain. Les journées du Sushi sont de toute façon toujours épuisantes. Même lorsqu’il ne se passe rien. Le Sushi a érigé la fatigue en véritable art de vivre. Et par conséquent, le sommeil d’un Sushi est sacré. Le Sushi décida donc d’attendre le lendemain.

Se rendant compte qu’à la lueur d’un nouveau jour, son idée était bien moins lumineuse que dans la pénombre toute relative nécessaire à son endormissement, le Sushi oublia vite cette idée farfelue. Jusqu’à ce soir, veille de week-end. Le Sushi avait donc tout le temps nécessaire sans empiéter sur son temps de sommeil.

Avant de commencer, il faut savoir quelques petites choses fondamentales sur le Sushi. Il n’est pas vraiment dépressif. C’est un peu comme son nom de famille, comme une étiquette qu’on lui a collé dessus - tel un vulgaire poisson à la fraîcheur douteuse dans le bac à promotions d’un supermarché - et dont il ne parvient pas à se débarasser. Mais au fond de lui, le Sushi sait qu’il n’est pas dépressif, non non. Il a parfois des coups de blues, comme tout le monde. Accompagnés de moments où tout va bien. Mais il lui arrive d’aller ni bien ni mal. Une sorte de période de transition durant laquelle le Sushi se transformera en canard - tout lui glissera dessus - avant de vivre une période d’euphorie, ou de s’enfermer dans sa bulle pendant des jours, voire des semaines. Mais le Sushi n’est pas dépressif, le Sushi pense, et c’est là toute la différence.

Pour finir, le Sushi sera narré à la troisième personne du singulier. Parce que le monde n’est pas encore prêt à apprendre qu’un Sushi peut taper au clavier.

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