juin 30
N’allez pas croire que le Sushi chercher à soigner son référencement Google. Le Sushi vous parle juste de ses voisins. Qui semblent peu pudiques et assez ouverts.
Alors que le Sushi s’accordait son petit plaisir solitaire du soir, son oeil fut soudainement attiré par un mouvement dehors. Il faut savoir que le Sushi se tenait alors seul dans sa cuisine, le Sel de sa vie ne tenant pas à assister à sa petite perversion. Le Sushi avait bien essayé devant lui, mais le Sel de sa vie avait été catégorique. S’il ne pouvait pas se passer de sa pulsion malsaine, qu’il aille le faire loin de lui. Dans la cuisine. Là où il pourrait ouvrir la fenêtre. Là où l’odeur de sa cigarette ne contaminerait pas tout l’appartement.
Le Sushi savourait donc chaque bouffée de la blonde qui lui tenait compagnie quand il vit un mouvement en face. Le Sushi habitant au premier étage, il a une vue imprenable sur la façade du pavillon d’en face, et ce malgré la clôture. Il tourna un oeil distrait. La fenêtre venait de s’ouvrir. Quelqu’un se pencha à l’extérieur, et attrappa les volets, avant de les fermer totalement. Le Sushi resta figé. Il venait de découvrir que son voisin d’en face fermait ses volets juste avant de se coucher. Et qu’il dormait entièrement nu.
L’histoire aurait pu en rester là. Une anecdote, un fait divers, une relation de voisinage saine et sans artifices. C’était sans compter sur les habitants du bout de la rue. Read the rest of this entry »
juin 27
Le Sushi se dit qu’en adoptant Caïus, il ne savait pas que celui-ci bouleverserait à ce point sa vie. Pour le résumé, Caïus fut malade en voiture dès le premier trajet, fut rapidement agonisant, et sauvé de justesse. Mais récemment, le Sushi se rendit compte que Caïus n’était pas un ficus comme les autres.
Quand il recommença à bourgeonner, ce ne fut d’abord que quelques feuilles timides. Qui rapidement se transformèrent en fier feuillage. Et l’évidence sauta aux yeux du Sushi: son ficus était bipolaire. Mais ne l’est plus.
La moitié de la plante recommença à s’étoffer. Tandis que l’autre moitié restait définitivement… morte. Contraste saisissant.
Le Sushi se rendit alors compte qu’avec la thérapie quelque peu violente, il avait tué une partie de Caïus. Que celui-ci ne serait plus jamais le même. Et il se demanda avec anxiété s’il n’avait pas créé un monstre…
juin 25
Le Sushi est penaud, le Sushi est honteux. Le Sushi a oublié son rendez-vous matinal du mercredi.
Le Sushi pourrait blâmer son travail, qui lui prend trop d’énergie. Le Sushi pourrait blâmer sa dépression qui continue à le squatter à temps partiel.
Mais en fait, le Sushi a juste oublié qu’aujourd’hui était mercredi. Et que le mercredi il écrivait une note. Que le mardi soir il préparait une note plus précisément. Car mardi soir, le Sel de sa vie le regarda droit dans les yeux, et lui dit qu’il le trouvait beau (en ce moment…) Le Sushi fut ému, le Sushi fut troublé, le Sushi se demanda si le Sel de sa vie avait un service à lui demander. Mais non, le Sel de sa vie était sincère, et regardait le Sushi avec des yeux brillants. Sachant que pour le Sushi les sentiments n’ont pas besoin d’être exprimés du moment qu’on les devine dans un regard, ce moment était rare et précieux.
Car le Sushi a peur. Il voudrait pouvoir lire dans le regard du Sel de sa vie plus que ce qu’il y voit habituellement. Mais il sait que ce n’est pas possible. Que le Sel de sa vie est réaliste et terriblement terre à terre. Qu’il n’a pas choisi le Sushi parce que celui-ci était beau - ou même décoratif - mais parce qu’il était réaliste. Et que les versions au-delà de Sushi 1.0 lui semblent inaccessibles. Que les étincelles du début laissent rapidement place à un ciel certes bleu, mais sans étoiles.
Alors quand le Sushi vit se poser sur lui un regard plein de tendresse et d’étoiles*, il en oublia jusque son nom et éteignit instantanément son ordinateur, sans sauvegarder ce qu’il avait en cours. Sans même un regret. Car il sait que cette période de douce euphorie ne durera pas, et qu’ils retourneront bientôt à leurs vies parallèles.
* En vrai, le Sushi passa à côté du Sel de sa vie et il eurent cette passionnante conversation:
Sushi: Tu es fatigué?
Sel de sa vie: On va se coucher dans 3 minutes.
Sushi: Euh… Je demandais juste…
Sel de sa vie: Enfin je vais me coucher, tu fais ce que tu veux.
Les étoiles vinrent après.
juin 23
Le Sushi et sa dépression ont de petites habitudes, de petits rituels, de petites manies pour cohabiter. La dépression n’étant pas sentimentale, elle interdit au Sushi de pleurer. Ce n’est pas digne d’un Sushi. Il doit rester fort et fier et intérioriser, sa dépression l’a décidé. Et il ne faut jamais contrarier (ni tenter de droguer) une dépression si on ne veut pas qu’elle s’échappe définitivement.
Le Sushi est néanmoins persuadé que laisser quelques larmes s’échapper est indispensable à son relatif équilibre psychologique, et a trouvé une feinte qu’il a présenté à sa dépression comme un compromis, une soupape de sécurité: Ce qui n’est pas réel peut l’atteindre le temps d’un visionnage, laisser une larme couler sur sa joue est acceptable et en aucun cas une attaque envers sa dépression si les faits qui déclenchent cette larmes sont fictifs. Le Sushi a ainsi une liste de séries télévisées qu’il regarde quand il sent que trop d’émotions contradictoires cohabitent en lui. Sanglotter devant son écran est alors un bon moyen de relacher la pression.
Le Sushi a ainsi récemment rattrappé tout son retard en séries américaines et se trouva à court de nourriture lacrimale. Il se rappela alors qu’il avait pensé s’attaquer à Dexter, sans jamais le faire. Il s’installa donc devant le pilote, enroulé dans une couverture - le Sushi ne parlera pas de météo, mais le Sushi aimerait que le mois de juin ne ressemble pas à un mois de novembre - un verre de jus de citron chimique à portée de main. Et le Sushi attendit, un peu anxieux de ce qu’il allait découvrir. Read the rest of this entry »
juin 20
Le Sushi a peur, le Sushi est traumatisé, le Sushi se pose trop de questions. Son comportement lui échappe, ses réflexes ne sont plus aussi aiguisés… Sa dépression semble l’habiter en alternance. Moment de vulgarité (veuillez fermer les yeux et ne regarder que le paragraphe suivant, merci) What the fuck?
La question qu’il se pose alors est: Mais qui donc habite-t-elle le reste du temps?
Le Sushi aime à penser que sa dépression squatte une personnalité aussi perturbée que lui et que ses disparitions soudaines coïncident avec de forts épisodes dépressifs ailleurs. Le Sushi se dit alors qu’il doit faire une dépression en timeshare avec Britney Spears, depuis qu’il a songé à se raser la tête en signe de refus de la société de consommation, de solidarité avec Caïus dit le déplumé et parce qu’il est horrifié de constater qu’il commence à perdre ses cheveux. Le Sushi est parfois radical. Est-il médicalement prouvé que l’on peut faire une dépression postpartum suite à l’adoption d’un ficus?
Lors des absences de sa dépression, le Sushi connaît de grands moments d’énervement. Enervement et dépression ne font pas bon ménage, c’est bien trop fatigant. Les épisodes d’énervement sont d’ailleurs facilement identifiables: le Sushi se plonge dans des tâches ménagères afin de se vider l’esprit.
Il récura ainsi sa salle de bain de fond en comble. Et réalisa avec horreur qu’il avait un stock de shampooing digne du rayon hygiène d’un supermarché, et de moins en moins de cheveux. Sa dépression passa dire bonjour, le temps que quelques cheveux choient dans le lavabo. Read the rest of this entry »